JEWELLERY

Tutti Frutti

Le surnom donné aux bijoux Cartier d'inspiration moghole, caractérisés par des pierres précieuses colorées sculptées (émeraudes, rubis et saphirs) assemblées en compositions complexes.

· · 467 mots · 2 min de lecture

Le terme Tutti frutti est le surnom donné par les collectionneurs à un style de bijoux Cartier (notamment les bracelets, colliers et broches) dans lequel des pierres précieuses colorées sculptées sont combinées en compositions denses et multicolores, évoquant la riche tradition décorative de la joaillerie moghole. Ce nom n'a pas été utilisé par Cartier lui-même; il a été appliqué rétrospectivement par le marché comme un raccourci évocateur pour une esthétique distinctive et immédiatement reconnaissable.

Les matériaux emblématiques de ce style sont les émeraudes, les rubis et les saphirs sculptés, façonnés en feuilles, baies et formes florales, sertis aux côtés de diamants sur des montures en platine ou en or. La sculpture est essentielle à l'effet : les pierres ne sont pas simplement facettées de manière conventionnelle, mais travaillées en formes tridimensionnelles qui confèrent aux bijoux une qualité sculpturale absente des pièces serties de pierres standards. La combinaison des trois pierres colorées avec des diamants crée un effet de végétaux luxuriants et ornés de gemmes.

L'inspiration est venue de l'implication de Cartier avec l'art et la joaillerie de l'Inde moghole, et avec les traditions décoratives persanes et islamiques qui ont influencé de nombreux designs de la Maison, où les pierres précieuses sculptées avaient une longue tradition et où les joailliers européens acquéraient des pierres exceptionnelles et des commandes depuis la fin du XIXe siècle. Les voyages de Jacques Cartier en Inde (effectués sur vingt-huit ans), ainsi que ses visites à Ceylan pour s'approvisionner directement en saphirs, et les relations que la Maison a développées avec des clients royaux indiens ont été au cœur de cet échange créatif.

Les journaux de Jacques Cartier témoignent de la profondeur de son engagement intellectuel envers l'histoire et l'art indiens, une perspective qui allait bien au-delà de l'achat commercial de gemmes.

Maharajas and Mughal Magnificence et Cartier and the Maharaja explorent cette relation et ses conséquences créatives en détail.

Ce style a particulièrement prospéré à la fin des années 1920 et dans les années 1930, chevauchant la période Art Déco (explorée dans Cartier Art Déco: Une Magnifique Parure) tout en puisant dans une tradition d'origine différente. Les pièces sont remarquables par la qualité et la quantité de leurs pierres sculptées, qui étaient elles-mêmes des objets historiques (souvent recyclés de bijoux indiens plus anciens) recevant de nouvelles montures à Paris.

L'histoire du développement de ce style, et les clients qui ont commandé les pièces emblématiques, dont Daisy Fellowes, sont abordées dans Maharajas and Mughal Magnificence et Cartier and the Maharaja, ainsi que dans The Cartiers, chap. 7 et 8.

Sources

  • Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), chap. 7 (« Precious London: Late 1920s ») et chap. 8 (« Diamonds and Depression: The 1930s »)
  • Hans Nadelhoffer, Cartier: Jewelers Extraordinary (Thames and Hudson, 1984; révisé 2007), cité p. 170

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