MAISONS

Cartier Londres

La succursale de Londres, dirigée d'abord par Jacques Cartier puis par Jean-Jacques Cartier, qui a développé une identité créative distincte grâce à son réseau d'ateliers à Clerkenwell et à sa clientèle royale et aristocratique.

· · 582 mots · 2 min de lecture

Cartier Londres, la succursale britannique de la Maison, fut confiée à Jacques Cartier, le plus jeune des trois frères, qui la dirigea depuis New Bond Street pendant les quatre premières décennies du XXe siècle. La succursale opérait depuis le 175 New Bond Street, et auparavant depuis New Burlington Street, bâtissant une clientèle issue de l'aristocratie britannique, de la famille royale et des visiteurs internationaux qui fréquentaient le commerce de luxe londonien. Son ouverture à Londres en 1902 était liée, en partie, à une demande royale : Édouard VII avait demandé aux Cartier d'établir une présence sur place afin que les invités assistant à son couronnement puissent choisir leurs tiares de style parisien sans traverser la Manche. Édouard VII était lui-même client et a rendu célèbre la description de la Maison de la Rue de la Paix comme « Roi des Joailliers et Joaillier des Rois ».

La Maison de Londres a développé un caractère quelque peu distinct de celui de Paris. Les voyages répétés de Jacques en Inde (des voyages s'étendant sur vingt-huit ans, des relations avec des clients maharajas et l'acquisition de pierres précieuses et d'objets qui ont enrichi le vocabulaire de design de la Maison) ont donné à la succursale de Londres une profondeur particulière d'engagement avec les matériaux indiens et islamiques, ce qui est inséparable de certaines des pièces Cartier les plus célèbres de l'époque.

Le réseau d'ateliers

Cartier Londres produisait ses pièces grâce à un réseau d'artisans spécialisés concentrés à Clerkenwell, le centre traditionnel des métiers de précision de Londres. English Art Works Ltd, connue sous le nom d'EAW, s'occupait de la joaillerie et de la ferronnerie d'art; Wright & Davies Ltd produisait des boîtiers de montre, des boucles déployantes et des bracelets sur mesure. Les travaux achevés étaient acheminés de Clerkenwell à New Bond Street, où Eric Denton assemblait les montres et l'équipe de vente présentait les pièces finies aux clients. La signature Cartier sur l'objet fini masquait cette structure d'atelier; les pièces étaient signées et vendues comme Cartier, et non comme des œuvres d'EAW ou de Wright & Davies. La pièce où cela s'est passé, et les artisans derrière tout cela, est explorée en détail sur le blog.

Jean-Jacques Cartier et la période du milieu du siècle

Jean-Jacques Cartier, petit-fils d'Alfred Cartier et fils de Jacques, a repris la succursale de Londres après la mort de son père en 1941 et l'a dirigée durant une période de production créative remarquable. La Cartier Crash (avec son boîtier déformé et fondu) et la montre Cartier Pebble (l'un des designs Cartier les plus insolites et désormais les plus rares) figuraient parmi les pièces produites sous sa direction, avec des boîtiers fabriqués chez Wright & Davies à Clerkenwell. La famille a vendu sa participation dans l'entreprise en 1974; Jean-Jacques fut le dernier membre de la famille fondatrice à diriger la succursale de Londres. Ces deux pièces sont explorées plus en détail sur le blog : la Crash et son record aux enchères mondiales, et la Pebble et Jean-Jacques Cartier. L'ampleur de l'intérêt des collectionneurs pour ces pièces londoniennes est illustrée dans 88 montres Cartier dans 1 collection.

L'entité juridique formelle pour les opérations londoniennes est Cartier Ltd.

Sources

  • Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), chap. 3 (« Pierre, 1902–1919 ») et chap. 11 (« La fin d'une ère, 1957–1974 »)
  • Hans Nadelhoffer, Cartier: Jewelers Extraordinary (Thames and Hudson, 1984; révisé 2007), cité p. 26, 73 et suiv.

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