HOROLOGY

Horloges Cartier

De leurs horloges de bureau en émail Belle Époque aux pièces architecturales Art Deco, des horloges comète astronomiques aux horloges mystérieuses avec leurs aiguilles flottantes, la production horlogère de Cartier reflète la même diversité créative que ses bijoux.

· · 1156 mots · 5 min de lecture

La production horlogère de Cartier raconte une histoire parallèle à celle des montres et des bijoux. Les horloges ont suivi les mêmes évolutions de style, se sont inspirées des mêmes sources et ont souvent été réalisées par les mêmes artisans : les monteurs, les sertisseurs, les émailleurs, les lapidaires et les polisseurs qui passaient des bijoux aux garde-temps. Comme les bijoux, les horloges ont été adaptées à leur époque, à l'opulence de la Belle Époque, à la discipline géométrique de l'Art Deco, et aux influences orientales que les frères ont rapportées de leurs voyages. Le webinaire Les Cartier et leurs horloges, enregistré en lien avec la vente Christie's Genève de 101 horloges Cartier en 2020, couvre l'intégralité de cette histoire.

Horloges de Bureau Belle Époque

Les premières horloges Cartier étaient des horloges de bureau et de petites horloges de voyage en émail guilloché, inspirées de Fabergé. Après que les frères Cartier aient vu les créations de Fabergé à l'Exposition Universelle de Paris en 1900, Pierre Cartier s'est rendu en Russie en 1904 et Louis Cartier l'a suivi en 1910, et la Maison a commencé à incorporer les émaux polychromes vifs et le métal guilloché dans sa production horlogère. Il en a résulté de petits objets vifs dans une gamme de couleurs, bleu, rose, violet, vert, jaune, souvent carrés ou ronds, avec des mouvements logés dans des boîtiers conventionnels.

Ces horloges étaient des cadeaux à la mode, fréquemment inscrits d'initiales, de dates ou de messages. Une horloge de la vente Christie's Genève de 101 horloges Cartier portait l'inscription « Miriam and Albert » avec la date du 15 décembre 1910, un cadeau fait pour un mariage Rothschild. La reine Alexandra a choisi une horloge Cartier comme cadeau pour son fils George V lors de son couronnement en 1911, portant l'inscription « May God lead and protect you. ». Plusieurs horloges Cartier figurent encore dans la Collection Royale.

Les horloges-urnes de cette période prenaient la forme de vases guirlandés de style Louis XVI en verre opalin bleu foncé, émail blanc et argent doré, faisant écho aux pendules à cercles tournants du XVIIIe siècle, avec un cadran à bande rotative entraîné par un mouvement logé horizontalement dans le corps de l'urne.

Horloges de Voyage

Cartier a produit des horloges miniatures conçues pour le voyage, suffisamment petites pour tenir dans une poche ou un sac à main, souvent dans des étuis en cuir ajustés. Certaines comprenaient un mécanisme de petite sonnerie qui sonnait automatiquement les quarts d'heure. C'étaient des objets personnels, monogrammés, inscrits, parfois associés comme horloges de chevet pour lui et pour elle. Leur portabilité reflétait la vie des clients de Cartier de l'entre-deux-guerres, qui se déplaçaient entre Londres, Paris, Saint-Moritz, Le Caire et l'Inde au gré des saisons.

Horloges Comète et Astronomiques

La comète de Halley est passée près de la Terre en 1910, provoquant une fascination publique généralisée et une certaine alarme. Maurice Couet, qui a commencé à travailler avec Cartier au début des années 1910, s'est inspiré de l'événement pour créer une série d'horloges « comètes » semi-mystérieuses : un cadran circulaire en émail avec une aiguille en forme de comète sertie de diamants pour les heures et un diamant marquise tournant autour d'un anneau concentrique pour les minutes. Des horloges « planètes » apparentées présentaient des cadrans superposés avec des indicateurs jour et nuit, un soleil pour le jour, un croissant de lune en diamants pour la nuit. L'une de ces horloges portait l'inscription latine « Horas non numero nisi serenas » (Je ne compte les heures que si elles sont sereines).

Ces horloges astronomiques sont appelées « semi-mystérieuses » car, contrairement aux horloges mystérieuses entièrement transparentes, le mécanisme est dissimulé dans des matériaux opaques plutôt que caché à la vue derrière du cristal.

Horloges Art Deco

Les années 1920 et 1930 ont apporté un changement dans les matériaux et les formes. Les horloges Art Deco étaient typiquement carrées ou rectangulaires, incorporant de l'onyx, du jade néphrite, du lapis-lazuli, de l'émail et des pierres précieuses. Les influences orientales ont façonné nombre de ces créations : les voyages de Jacques Cartier en Inde et en Extrême-Orient, et les achats de Louis Cartier auprès d'antiquaires chinois à Paris, ont directement enrichi le vocabulaire des horloges. Des cadrans en jade sculpté ou en nacre, des aiguilles en forme de tulipes persanes ou de flèches, et des panneaux de plumes de martin-pêcheur iridescentes apparaissent tous dans les horloges de cette période.

Certaines horloges Art Deco avaient un caractère architectural, avec des formes de boîtier qui faisaient écho aux bâtiments, des pièces angulaires et de grande taille avec un poids visuel qui les distinguait des délicates horloges en émail de la Belle Époque. L'atelier de Couet a également produit des horloges chronoscopes à partir de 1919, dans lesquelles trois bras cachés, chacun portant quatre chiffres, tournaient sur un axe, apparaissant un par un à travers une fenêtre de cadran. Certaines d'entre elles servaient également de cadres photo.

Les Horloges Mystérieuses

Les horloges mystérieuses sont couvertes en détail dans leur propre entrée. En bref : ce sont des horloges dont les aiguilles semblent flotter sans mécanisme visible, une illusion obtenue grâce à des disques en cristal de roche transparent entraînés par un engrenage caché. Couet les a produites de 1912 jusqu'à la fin des années 1940, en cinq groupes distincts classifiés par Hans Nadelhoffer et Harry Fane. Environ cent exemples sont connus. Elles restent parmi les objets les plus recherchés sur le marché des enchères d'arts décoratifs.

Les Horloges Prisme

Les horloges prisme des années 1930 représentent une ligne de développement distincte. Utilisant des miroirs et des prismes selon le principe du périscope, le cadran est lisible de face mais transparent de dos. Celles-ci étaient l'œuvre de Gaston Cusin, un protégé de Couet.

L'Atelier de Couet

Maurice Couet est la figure centrale de l'histoire horlogère de Cartier. Louis Cartier a reconnu son talent très tôt et a finalement intégré l'opération horlogère : l'atelier de Couet, employant une trentaine de personnes, a été établi au sein de Cartier en 1919, une décennie avant que la Maison n'ouvre son propre atelier de joaillerie à Paris. Cette priorité montre l'importance que Louis accordait aux horloges. L'histoire complète de Couet et de son atelier se trouve sur Maurice Couet, Maître Horloger Cartier.

Sources

Des commentaires ou des ajouts à cette définition ? N'hésitez pas à contacter l'auteure.

Explorer les sujets connexes

← Retour au Glossaire

Du blog