JEWELLERY

Diadèmes Art Déco de Cartier

La production de diadèmes de Cartier de l'entre-deux-guerres, des bandeaux géométriques des années 1920 aux commandes royales britanniques des années 1930, reflétant les changements de mode, de patronage et de pratique d'atelier sur deux décennies.

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La production de diadèmes de Cartier a changé de forme entre les guerres. Les formes de diamants dressées de la période guirlande avaient été conçues pour un monde de coiffures élaborées et de présentations de cour où la hauteur au-dessus de la tête avait une signification. Au début des années 1920, les coupes courtes, les tailles basses et un changement plus large dans la culture visuelle de l'habillement avaient rendu le diadème haut de plus en plus déplacé. À sa place vint le bandeau : un ornement plat porté bas sur le front ou les tempes, adapté à la nouvelle silhouette et au vocabulaire géométrique qui remplaçait les volutes organiques des années d'avant-guerre. La production de diadèmes de Cartier de l'entre-deux-guerres suit de près cette transition, passant des formes dérivées du style guirlande à un langage de conception façonné par l'architecture Art Déco, les pierres de couleur taille calibre, l'onyx et les contours structurés.

Le Bandeau de diamants Nancy Leeds, réalisé par Cartier Paris en 1912, est un précurseur précoce de cette forme de bandeau plat. Son sertissage de diamants le place techniquement dans le style guirlande, mais son profil horizontal anticipe l'esthétique qui deviendrait dominante en une décennie. Hans Nadelhoffer a défini le bandeau de diamants comme "un diadème en forme de ruban dont le centre n'est pas accentué", et la pièce Nancy Leeds correspond étroitement à cette description. Au fur et à mesure que les années 1920 progressaient, le travail de diadèmes de Cartier englobait à la fois des bandeaux géométriques stricts et des formes en volute ou en ruban avec une certaine continuité de la période guirlande, leurs contours devenant plus architecturaux et moins organiques au cours de la décennie. La construction convertible est restée une pratique courante : des sections se détachaient pour être portées comme broches ou bracelets, une continuité de l'approche d'avant-guerre.

Les années autour du couronnement de George VI en 1937 ont généré un travail concentré sur les diadèmes pour le marché britannique. Cartier London, sous la direction de Jacques Cartier, était bien positionné pour ces commandes grâce à ses relations établies avec l'aristocratie et la cour. L'atelier English Art Works au 175 New Bond Street a réalisé les pièces. Le Diadème Halo Cartier de 1936 est la pièce la plus largement connue de cette période : un diadème en volutes de diamants serti de 739 diamants taille brillant et 149 diamants taille bâton, créé pour la duchesse d'York et porté plus tard lors de deux mariages royaux à soixante-quinze ans d'intervalle. Les registres des années 1930 sont mieux conservés que ceux de l'ère guirlande, et plusieurs pièces de cette période peuvent être retracées en détail.

Le Diadème Nancy Astor de 1930 représente un autre type de commande de la même décennie. Adaptée par Cartier London d'un bandeau en platine datant d'environ 1915, la pièce a été transformée par l'atelier English Art Works avec l'ajout de plumes de turquoise cannelées, de feuilles de turquoise sculptées et de panneaux de turquoise en forme d'éventail. La combinaison turquoise et diamant s'inscrit dans un courant du travail de Cartier London des années 1930 qui utilisait les pierres de couleur comme élément structurel plutôt que comme simple accent contrastant. C'était une pièce de maison de campagne plutôt qu'une pièce d'apparat, réalisée pour l'une des hôtesses politiques les plus importantes de Grande-Bretagne. Pris ensemble, le Diadème Halo et le Diadème Astor illustrent l'étendue du travail de diadèmes de l'entre-deux-guerres de Cartier London : de la volute de diamants formelle à la composition de pierres de couleur, toutes deux produites par le même atelier et la même branche de la Maison.

Sources

  • Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), ch. 4 ("Jacques, 1906-1919") et ch. 8 ("Diamonds and Depression: The 1930s")
  • Hans Nadelhoffer, Cartier: Joailliers Extraordinaires (Thames and Hudson, 1984; révisé 2007), pp. 61-62
  • Geoffrey Munn, Tiaras Past and Present (V&A Publications, 2002), pp. 109, figs. 81-82
  • Judy Rudoe, Cartier 1930-1939 (Thames & Hudson / British Museum, 1997), p. 172

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