Bahreïn était le centre du commerce des perles du Golfe lorsque Jacques Cartier y arriva pour la première fois en 1912. Les bancs de perles de l'île, situés dans les eaux peu profondes entre Bahreïn et le continent arabe, étaient exploités depuis des siècles à l'aide de techniques qui sont restées largement inchangées jusqu'au début du XXe siècle.
La pêche aux perles dans le Golfe était un travail saisonnier, s'étendant d'environ mai à septembre, lorsque les eaux étaient suffisamment chaudes pour une immersion prolongée. Les plongeurs travaillaient depuis des boutres (navires à voile traditionnels), descendant vers le fond marin avec une pince-nez et un poids en pierre pour accélérer leur descente. Ils recueillaient les huîtres dans un panier avant d'être remontés à la surface, répétant le processus de nombreuses fois au cours d'une journée. Le travail était physiquement exigeant et comportait des risques réels. L'économie entière de certaines communautés côtières était organisée autour de la saison de la plongée, avec des marchands, des capitaines de bateaux et des plongeurs liés par des arrangements qui structuraient la vie sociale et commerciale.
Lorsque Jacques Cartier visita, c'était le monde dans lequel il entra : un commerce bâti sur la confiance personnelle, le rythme saisonnier et des siècles de connaissances accumulées sur l'endroit où les meilleures perles pouvaient être trouvées. Les perles naturelles récoltées dans ces bancs figuraient parmi les plus belles au monde, prisées pour leur lustre, leur rondeur et leur orient. Elles approvisionnaient les marchés de Paris et de Londres via des réseaux d'intermédiaires, et ce sont ces réseaux que Jacques chercha à comprendre et, si possible, à contourner au profit de relations d'achat plus directes.
La recherche derrière The Cartiers comprenait la plongée pour les perles à Bahreïn et la rencontre des descendants des marchands de perles et des cheikhs qui avaient traité avec Jacques Cartier un siècle plus tôt. Ce fil de connexion personnelle traverse Bahreïn : À la découverte du pays des perles et Aventures arabes.
Aujourd'hui, le patrimoine de la pêche aux perles de Bahreïn est officiellement reconnu. « La Pêche perlière, témoignage d’une économie insulaire » a été inscrite en tant que site du patrimoine mondial de l'UNESCO en 2012, englobant les bancs d'huîtres, le littoral, les anciennes maisons de marchands et le fort où le commerce était réglementé. DANAT (le Bahrain Institute for Pearls and Gemstones) maintient l'héritage scientifique et culturel de la perliculture du Golfe, en organisant des événements qui rassemblent des historiens, des gemmologues et des descendants des familles de marchands qui ont façonné ce commerce.
Sources
- Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), chap. 4 (« Missions orientales »)
- Centre du patrimoine mondial de l'UNESCO, « La Pêche perlière, témoignage d’une économie insulaire » (inscrit en 2012)