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Louis Devaux

Directeur de Cartier Paris pendant la Seconde Guerre mondiale, qui a dirigé la succursale tout au long de l'occupation allemande de Paris entre 1940 et 1944 après le décès de Louis Cartier en 1942.

· · 659 mots · 3 min de lecture

Louis Devaux a rejoint Cartier Paris tout juste sorti de la prestigieuse école de commerce HEC et est rapidement devenu le secrétaire personnel de Louis Cartier. Astucieux, organisé et ambitieux, son approche posée et rationnelle s'est avérée inestimable face à son patron parfois irascible. Il a gravi les échelons pour devenir directeur de la succursale parisienne, et c'est Devaux qui a joué un rôle déterminant dans l'embauche de Roger Chalopin, un autre esprit brillant qui allait jouer un rôle important dans l'avenir de la Maison.

Les années de guerre

Lorsque la guerre éclata en 1939, Devaux, alors âgé de trente-deux ans, troqua son rôle à la tête du 13 Rue de la Paix contre le service militaire. Écrivant du front dans un froid intense, il s'inquiétait non seulement de mourir, mais aussi de ce qu'il adviendrait de Cartier s'il était tué. Il fut décoré de la Croix de Guerre pour avoir été le premier Français à abattre un avion ennemi, mais en 1940, il fut capturé après que ses généraux eurent positionné ses canons au sommet d'une colline, oubliant apparemment qu'un canon ne peut tirer en dessous de l'horizontale. Les Allemands n'eurent qu'à monter par en dessous pour s'en emparer.

Pierre Cartier a fait campagne sans relâche pour la libération de Devaux. Cela a pris plus de deux ans. Après avoir été libéré en septembre 1942, Devaux s'est rendu en Suisse et a télégraphié à Cartier pour demander un sauf-conduit vers Paris occupé. C'est la veuve de Louis Cartier, Jacqui, qui l'a aidé, en contactant un ami à Berne. Une semaine plus tard, Devaux était de retour au 13 Rue de la Paix.

Président de Cartier Paris

Louis Cartier était décédé alors que Devaux était encore prisonnier. Pierre a alors demandé à Devaux d'assumer le rôle de président de l'entreprise. Au-delà de la gestion de l'entreprise, Devaux était activement impliqué dans le réseau de résistance gaulliste, déterminé à empêcher une prise de contrôle allemande de la Maison. Il estimait que les spécialistes de Cartier représentaient environ un tiers de tous les artisans joailliers en France, ce qui rendait la résistance essentielle. Sous sa direction, une nouvelle société indépendante, Cartier Monaco, a été créée pour protéger les stocks de la saisie.

"Si nous n'avions pas résisté, la Maison aurait été démembrée et il aurait été difficile de la reconstituer par la suite."

La position de Devaux pendant la guerre s'étendait bien au-delà du monde de la joaillerie. Il fut nominé, face à François Mitterrand, à la présidence de la Fédération Nationale des Prisonniers de Guerre. Pour le reste de sa vie, Mitterrand, futur président de la France, appellerait son ami Devaux « mon président ! »

Il a également aidé Jean-Jacques Cartier sur le plan personnel, effectuant un dangereux voyage en temps de guerre à travers la France pour aider à assurer le mariage de Jean-Jacques. L'histoire complète, y compris le propre récit de Jean-Jacques, se trouve dans The Cartiers, chap. 9.

Cartier New York

Après la guerre, Pierre a persuadé Devaux, réticent, de déménager à New York pour aider à diriger Cartier New York. Les deux hommes avaient rencontré le président Roosevelt pendant la guerre pour discuter d'informations confidentielles concernant le travail de Résistance de Devaux, et Pierre le considérait comme le meilleur manager qu'il connaissait. Devaux a finalement accepté en 1947, bien qu'il ait été profondément conscient de prendre la relève de Pierre. Il est ensuite retourné à Paris, mais les années passées en Amérique avaient changé sa perspective et il a finalement choisi de quitter la Maison, une décision qui a causé une déception considérable à Pierre.

Sources

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