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Lady Cunard

Hôtesse de la haute société londonienne, d'origine américaine, dont le défilé de mode caritatif à la fin des années 1920 a offert à Jacques Cartier l'une de ses occasions les plus célèbres de présenter de nouvelles idées de joaillerie, et qui est devenue l'une des clientes les plus actives de Cartier London dans les années 1920 et 1930.

· · 615 mots · 3 min de lecture

Lady Cunard (3 août 1872 – 10 juillet 1948), née Maud Alice Burke à San Francisco, fut décrite par The Times comme "probablement l'hôtesse la plus somptueuse de son époque". Elle était issue de la haute société américaine et, après un revers amoureux précoce, épousa Sir Bache Cunard, petit-fils du fondateur de la ligne maritime Cunard. Ce mariage était davantage une fondation sociale et financière qu'une union par amour, et en 1911, Lady Cunard s'installa à Londres avec sa fille Nancy, où elle trouva sa place.

Ses réceptions dans sa maison de Londres étaient réputées pour attirer une foule inhabituellement diverse : des membres de la famille royale et de leur cercle côtoyaient des musiciens, des écrivains et des inconnus, "n'importe qui, pourvu qu'ils soient intéressants". Elle avait un intérêt sérieux pour la musique et les arts, et devint l'une des plus éminentes partisanes du chef d'orchestre Thomas Beecham et de ses diverses entreprises musicales.

Le défilé de mode Cartier

L'occasion qui a le plus directement lié Lady Cunard à l'histoire de Cartier s'est présentée lorsqu'elle organisait un défilé de mode caritatif au profit de l'Imperial League of Opera de Beecham. Elle avait obtenu la participation des maisons de couture Worth et Callot Sœurs, ainsi que du coiffeur parisien Émile. Ce dont elle avait besoin, c'était de bijoux. Lors d'un déjeuner au Brown's Hotel à Mayfair, elle a soumis la proposition à Jacques Cartier.

Jacques accepta aussitôt. Il reconnut l'événement comme une opportunité de présenter de nouvelles idées devant certains des clients les plus importants de Londres, et il mit son équipe au travail sur un programme qui allait bien au-delà de la simple fourniture de stock. Le défilé, organisé au Mayfair Hotel, devint une présentation complète de la pensée créative de Cartier London à la fin des années 1920 : bandeaux, barrettes, broches arrangées de manière inattendue sur des robes de jour, pierres de couleur d'Orient mises en valeur sur des robes Worth et Callot. L'une des idées les plus insolites impliquait de décorer les genoux des mannequins avec des peintures miniatures, visibles sous les jupes fendues de l'époque. La presse fut réellement impressionnée : Tatler nota que "les bijoux, introduits avec la plus grande discrétion, semblaient éclipser les triomphes de l'art du couturier".

Le spectacle a permis de récolter 500 £ pour l'œuvre de bienfaisance en deux représentations et a généré une couverture médiatique étendue dans la presse londonienne. Le récit complet des préparatifs et de l'ampleur de l'entreprise se trouve dans The Cartiers, ch. 7.

Une clientèle fidèle

Du point de vue de Lady Cunard, le défilé de mode fut un grand succès, et sa fidélité à Jacques fut assurée. Tout au long des années 1920 et 1930, elle devint l'une des clientes les plus actives de Cartier London : rien qu'en 1929, plus de quarante commandes étaient à son compte. Celles-ci allaient des réparations et de la transformation d'anciennes pièces, comme un étui de maquillage transformé en étui à cigarettes, à l'achat de bijoux significatifs selon son envie.

Elle apparaît dans l'histoire de Cartier London des années 1930 non seulement comme acheteuse, mais aussi comme un nœud social. C'est chez elle qu'Édouard, prince de Galles, et Wallis Simpson pouvaient compter sur de la chaleur et des encouragements lorsque le reste de la société londonienne était plus réservé. Lady Cunard, en tant que compatriote américaine, était une alliée fidèle du couple. Après l'abdication, ce monde social particulier a fortement évolué, et la place de Lady Cunard en son sein a évolué avec lui.

Sources

  • Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), ch. 7 ("Precious London: Late 1920s") et ch. 8 ("Diamonds and Depression: The 1930s")
  • Wikipédia : Maud Cunard

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