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L'impératrice Eugénie

Impératrice consort de Napoléon III et figure déterminante du goût du Second Empire, dont le départ de Paris en 1870 marqua la fin du monde dans lequel Louis-François Cartier avait établi son atelier.

· · 372 mots · 2 min de lecture

L'impératrice Eugénie, consort de Napoléon III, fut la figure féminine la plus éminente du Second Empire et l'une des premières clientes notables de Louis-François Cartier. Lorsqu'elle pénétra dans sa salle d'exposition en 1859, c'était la consécration suprême pour un artisan d'origine modeste qui était désormais sollicité par la femme la plus importante de France.

Le Second Empire et le goût parisien

Le patronage de l'impératrice intervint à une époque où Paris était au faîte de ses ambitions impériales, et les commerces de luxe français, joailliers en tête, opéraient dans un climat défini par le mécénat de la cour et le goût du cercle impérial. Louis-François Cartier s'était établi dans cet environnement, et c'est le monde cultivé du Second Empire qui fournit le cadre esthétique du premier commerce Cartier.

Eugénie était connue comme une arbitre du style dont les préférences influençaient la mode et la production de luxe à travers l'Europe. Sa cour était l'un des derniers grands cadres formels du type qui avait façonné le commerce de luxe européen pendant des siècles.

La fuite et ses suites

La chute du Second Empire en 1870 et la guerre franco-prussienne forcèrent l'impératrice à fuir la France pour l'Angleterre, mettant fin à la cour impériale qui avait tant défini les deux décennies précédentes. Les témoignages de l'époque suggèrent qu'avec son départ, une certaine inspiration et un certain goût semblèrent momentanément disparaître de Paris, à la manière dont la suppression soudaine d'un cadre culturel dominant tend à laisser un vide avant que le suivant ne se forme.

Eugénie s'installa en Angleterre et vécut jusqu'en 1920, assez longtemps pour voir la Belle Époque, la catastrophe de la Première Guerre mondiale et les premières années de l'entre-deux-guerres. Elle choisit finalement Christie's pour vendre une partie de sa collection restante : un choix de maison de vente aux enchères qui trace lui-même un schéma à travers l'aristocratie émigrée et exilée, d'Eugénie aux Romanov par la suite.

Des pièces ayant appartenu à Eugénie apparaissent dans des collections ultérieures ; Consuelo Vanderbilt compte parmi ceux qui possédèrent plus tard des bijoux à provenance Eugénie, retraçant la dispersion des objets du Second Empire à travers mariages, ventes et héritages.

Sources

  • Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), chap. 1

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