La Reine Marie de Roumanie (29 octobre 1875 – 18 juillet 1938), née Princesse Marie d'Édimbourg, était la petite-fille à la fois de la Reine Victoria et du Tsar Alexandre II de Russie. Elle avait rejeté une proposition du futur Roi George V d'Angleterre pour épouser le futur Roi Ferdinand de Roumanie en 1893. Son adoption de la Roumanie comme pays fut totale: pendant la Première Guerre mondiale et lors de la Conférence de paix de Paris, elle négocia vigoureusement au nom de la Roumanie, obtenant un territoire élargi bien que le pays ait été pillé et affaibli par le conflit.
La prise de pouvoir des Bolcheviks en Russie signifia que bon nombre de ses bijoux, qui avaient des liens avec la famille impériale russe, furent perdus dans le bouleversement. Pour la dédommager, le Roi Ferdinand proposa de l'aider à reconstituer sa collection, et le couple devint des clients actifs de Cartier.
Le Sautoir en Saphir
La pièce la plus significative de la relation avec Cartier fut un énorme saphir de 478 carats. Louis Cartier avait exposé cette pierre pour la première fois dans un collier sautoir lors de l'exposition de San Sebastián en 1919, où elle avait suscité un intérêt considérable mais était restée invendue. En 1921, le Roi Ferdinand l'acheta, alors remontée en pendentif sur un collier de diamants et de platine, pour 1,38 million de francs. Il l'offrit à la Reine Marie comme cadeau de couronnement. Elle le portait souvent, d'autant plus qu'il complétait le diadème kokoshnik en saphir Cartier qu'elle avait acquis séparément, une pièce précédemment possédée par la Grande-Duchesse Vladimir. Parmi les autres pièces que le couple acheta chez Cartier figurait un exquis diadème de diamants avec des perles en forme de poire suspendues à des arches.
La Tournée américaine de 1926
En 1926, la Reine Marie entreprit une tournée diplomatique aux États-Unis, voyageant pour « voir le pays, rencontrer les gens et faire connaître la Roumanie ». Elle fut accueillie avec une grande pompe à New York, puis voyagea à bord de son train spécial, le Royal Roumanian, à travers l'Amérique et le Canada pendant plus de sept semaines, parcourant environ 8 750 miles et étant vue par environ six millions de personnes.
Pierre Cartier saisit l'occasion, et la Reine visita le showroom de la Cinquième Avenue. Pierre, comme à son habitude, trouva un moyen de commémorer l'événement. L'histoire complète de cette visite est racontée dans The Cartiers, ch. 5.
Elle demeura une figure de glamour et de célébrité considérable dans les années qui suivirent, l'une des premières royales à s'engager ouvertement avec les médias modernes et à publier des livres et des articles sur ses propres expériences.
Sources
- Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), ch. 5 (« Moicartier New York : milieu des années 1920 »)
- Terence Elsberry, Marie of Romania (St. Martin's Press, 1972), cité dans The Cartiers
- Wikipedia : Marie de Roumanie