La Princesse Marie Bonaparte (1882–1962) était l'arrière-arrière-nièce de Napoléon et, par la famille de sa mère, l'une des femmes les plus riches de France. En 1907, à l'âge de 25 ans, elle épousa le Prince George de Grèce et du Danemark à Athènes. Les bijoux de mariage furent commandés à Cartier Paris, une commande que la Maison appréciait tant pour son importance commerciale que pour son association avec une princesse épousant une famille royale européenne.
Le Diadème de Mariage
Le diadème en diamants que Cartier créa pour l'occasion s'inspirait des deux facettes de la nouvelle identité de la princesse. La forme en guirlande faisait référence aux diadèmes portés par les femmes Bonaparte, le motif des olives rappelait les couronnes portées par les mariées grecques dans l'Antiquité. Dans un exemple caractéristique de l'ingéniosité de Cartier, les onze pierres en forme d'olive étaient en émeraude mais pouvaient être échangées contre des diamants, offrant ainsi au diadème deux apparences distinctes à partir d'une seule pièce. L'équipe du 13 rue de la Paix était si fière qu'elle organisa une exposition avant le mariage, avec le diadème comme pièce maîtresse.
Le diadème ne fut pas remisé après le mariage. En juin 1953, la Princesse Marie le porta lors du couronnement de la Reine Elizabeth II à l'Abbaye de Westminster, près de cinq décennies après sa première présentation. Les photographies d'elle lors du couronnement, aux côtés de son portrait de mariage de 1907, sont incluses dans le livre du Prince Dimitri Once Upon a Diamond.
Une Carrière Remarquable
La vie de la princesse s'étendit bien au-delà de son rôle de cliente royale. Elle se forma comme psychanalyste auprès de Sigmund Freud à Vienne, devenant plus tard l'une des figures les plus importantes du domaine en France. Lorsque les Nazis tentèrent d'arrêter Freud en 1938, elle utilisa ses relations et ses ressources pour l'aider à s'échapper à Londres. Elle écrivit abondamment sur la psychologie et la sexualité, interrogea des prisonniers condamnés pour étudier les causes de la violence, et resta intellectuellement active jusqu'à la fin de sa vie. Au sein de la famille, elle était connue sous le nom de Tante Mimi.
Son histoire relie Cartier Paris aux cercles de la royauté européenne descendant des Romanov, qui comptaient parmi les clients les plus importants de la Maison dans la décennie précédant la Première Guerre mondiale, une période au cours de laquelle le kokoshnik et les formes en guirlande d'inspiration russe devinrent centrales dans le vocabulaire de Cartier pour les commandes royales.
Sources
- Francesca Cartier Brickell, The Cartiers (Ballantine Books, 2019), chap. 2 (« Louis, 1898–1919 »)
- Hans Nadelhoffer, Cartier: Jewelers Extraordinary (Thames and Hudson, 1984; révisé 2007), cité pp. 35, 51 et al.
- Wikipédia : Princesse Marie Bonaparte